Avant que tout s'arrête
Hermione avait été réveillée par le bruit d'une explosion. Des cris s'en étaient ensuivit. Mr. Weasley était entré dans sa chambre, lui criant de s'enfuir. À peine le temps de se plaquer contre le mur qu'un sort avait toucher le père de Ron, qui s'était écrouler, mort. Le Mangemort avait continuer sa course folle, sans prêter attention au fait qu'il venait de briser une vie, une famille. Il n'avait pas vu la jeune fille. Alors elle était toujours vivante. Mais pour combien de temps ? Si elle voulait vivre, elle devait partir, loin de cette atrocité. Mais où ? Et surtout, comment ? Les questions se bousculaient, la peur, le désespoir s'y mêlaient. Et puis, elle entendait toujours des cris de douleurs et elle ne pouvait s'empêcher de se dire que ses amis faisaient sûrement partis de ces voix qui laissaient échapper ce qui leurs restaient de vie. Le c½ur d'Hermione battait fort, beaucoup trop fort. Elle avait les mains moites, les jambes en coton, et pourtant, malgré cette boule qui l'empêchait presque de respirer, elle s'était mise à courir, zigzagant parmi les corps, dans les couloirs sombre du Manoir, avec l'espoir fou de rester vivante. N'importe où, la sortie, elle ne savait plus où la trouver, elle avait oublié. Elle avait laissé la peur prendre le dessus sur la raison et, à présent, c'était trop tard pour réfléchir. Sanglotant, elle se cognait partout. Il y avait des ombres tout autours d'elle, mais elle ne parvenait plus à distinguer qui était l'ennemi. Sa vue était brouillée par les larmes qui coulaient sur ses joues.
Des ombres et des mystères qui tournent autour de toi.
La jeune fille s'engouffra dans un couloir et ouvrit la première porte qui apparut devant elle. Elle ne se rendit compte que trop tard de son erreur, lorsque, s'apprêtant à faire marche arrière, elle se retrouva face à un Mangemort à la baguette braquée droit sur elle. La porte se referma dans un claquement sec. Hermione se figea. Dans sa main, sa baguette était mollement pointée à terre. Ainsi, pour la jeune fille, la mort avait un visage de fer.
Pourtant, le Mangemort ne prononça pas l'Avada Kedavra final. Il restait là, aussi immobile qu'elle. Et soudain, contre toute attente, il baissa légèrement sa baguette. Hermione lui jeta un regard surpris à travers ses larmes.
« Granger... » murmura alors l'homme.
Cette voix... Hermione ne pleurait plus, ses mains avaient cessé de trembler. Elle ferma les yeux et un rire hystérique la gagna pendant peu de temps avant de laisser place à l'anéantissement. Malefoy. Ça ne pouvait être que lui.
En dedans la lumière, te souviens-tu de moi ?
« Je ne me serais jamais attendu à te retrouver ici, rajouta-t-il, hésitant.
- Tu vas me tuer. »
Sous son masque, Drago esquissa un sourire ironique.
« Ai-je vraiment le choix ? C'est toi ou moi. »
Hermione hocha la tête. Il avait raison, évidemment. La guerre nous prend tout, ce n'est plus une question de choix, c'est la survie. Malefoy voulait vivre autant qu'elle, mais il n'y aurait qu'un seul gagnant.
« Alors dépêche toi d'en finir, Malefoy.
- Je t'ai connu plus guerrière, Granger. Qu'est-il advenu de la fille qui n'a pas hésité à me fracasser la mâchoire de son poing en troisième année ? »
Les lèvres d'Hermione s'étirèrent à leur tour en un sourire emplit de douleur.
« Il faut toujours que tu exagères, ce n'était qu'une claque. »
Elle se sentait bizarre à parler aussi simplement d'une époque heureuse avec son pire ennemi, alors que des gens mourraient partout dans le Manoir au même moment.
« Peut-être, oui..., dit pensivement Drago. Mais aurais-tu changé tant que ça ?
- La guerre change les gens, Malefoy. Je suis lasse de voir ceux que j'aime mourir.
- Tu veux les rejoindre, alors ? »
Hermione secoua négativement la tête.
« Ne me fais pas dire ce que je n'ai pas dis.
- Tu n'as pas peur ?
- Si..., murmura-t-elle. Bien sûr que j'ai peur. Tout le monde a peur de mourir, non ? Ton Maître plus que quiconque. »
Le jeune homme se crispa à cette phrase et Hermione parut s'en rendre compte. Elle s'approcha de lui et tendit sa main vers le masque qu'il portait. Il se recula légèrement, sa baguette toujours pointée sur Hermione. La jeune fille lui lança un regard étrange. Elle n'avait plus peur.
On était volatile, je ne savais pas.
« Fais moi plaisir, Malefoy, avant de me tuer, enlève cette couverture, ne te cache pas derrière le fer, assume ce que tu fais. Je veux pouvoir te regarder dans les yeux quand tu me tueras. »
Elle avait parlé sans vraiment réfléchir mais, à son grand étonnement, Drago porta sa main au masque et le fit glisser lentement en arrière. Il avait changé. Son visage avait perdu cet air supérieur, à présent, il ressemblait à un enfant perdu au milieu de l'horreur. Un peu comme elle. Après tout, c'était bien ce qu'ils étaient. Cette guerre n'était pas la leur, ils étaient trop jeune pour comprendre et pourtant, ils se retrouvaient plongés dedans. Deux enfants qui n'avaient rien demandé. Le destin avait décidé pour eux.
Le couteau dans la chair, toi tu combats
Ils s'observèrent en silence, puis Malefoy fit un pas en avant et, délicatement, posa sa main sur la joue de la jeune fille. Dans son regard, elle pouvait y lire le même désespoir qu'elle.
« Sache, dit alors le jeune homme d'une voix un peu tremblante, que je n'ai jamais souhaité ta mort. Et... je ne t'ai jamais vraiment détesté, termina-t-il plus doucement.
- Moi non plus, Malefoy.
- Je suis désolé » souffla-t-il.
Il se pencha sur son visage jusqu'à sentir le souffle saccadé de la jeune fille sur ses joues. Elle pleurait à nouveau, mais silencieusement. Les larmes glissaient sans même qu'elle ne s'en rende compte. Cette nuit, ils allaient mourir, il ne la reverrait plus jamais. Alors doucement, il déposa ses lèvres sur celles, gonflées, d'Hermione. Elle laissa échapper un sanglot et lâcha sa baguette qui roula plus loin sur le sol. Drago s'apprêtait à s'éloigner quand elle l'entoura de ses bras et approfondit le baiser, y laissant transparaître toutes ses émotions.
Des cendres et des poussières qui traînent autour de toi
Quand ils se lâchèrent enfin, à bout de souffle, Hermione soupira et chassa les larmes qui barbouillaient son visage. Puis elle plongea son regard dans celui du Mangemort qui la fixait sans rien dire.
« Pourquoi ? »
Drago lui caressa tendrement la joue.
« Je pourrais te retourner la question. »
Elle sourit.
« C'est fini, maintenant, hein ? Plus rien ne nous attend.
- Granger, ne laisse pas la guerre briser tous tes rêves.
- Je crois que c'est trop tard... »
Du sang dans les rivières, te souviens-tu de moi?
Hermione passa une main rapide dans ses cheveux et se rendit compte qu'elle était en nuisette. Sous l'effet de la peur, elle n'y avait pas songé, mais maintenant... Elle rougit brusquement avant de s'en vouloir d'avoir des pensées aussi futiles alors que c'était la guerre.
« Tu crois qu'il y a quelque chose, après la vie ? » demanda soudain Drago.
La jeune fille fronça les sourcils avant d'hausser les épaules.
« Je n'en sais rien.
- Tu devrais partir. »
Hermione se figea.
« Je croyais que tu devais me tuer. »
Drago eut un rire amer. Puis il se baissa et ramassa la baguette de la jeune fille avant de lui prendre délicatement la main et de la lui mettre dedans. Elle le regarda faire, sans vouloir comprendre. Il déposa un léger baiser sur son front et, contre son oreille, murmura :
« C'est toi ou moi. Alors tue moi. Ton heure n'est pas encore venue, tu peux encore être heureuse alors que moi, je n'ai plus rien à perdre. »
Tu me laisses inutile, à courir après quoi ?
« Drago...
- Le Seigneur des Ténèbres est condamné et, avec la Marque des Ténèbres, je le suis aussi. Tu le sais bien... Hermione. »
Oui, elle en était consciente. Elle regarda sa baguette avant de se tourner vers Drago, qui attendait, presque serein.
« Tu crois que tout aurait pu être différent ? chuchota-t-elle.
- Peut-être... Je ne sais pas. »
Il désigna la fenêtre derrière elle et rajouta :
« Après, ouvre cette fenêtre. Nous ne sommes qu'au premier étage. Saute, tu pourras transplaner. Dépêche-toi avant qu'un autre Mangemort n'arrive.
- Viens avec moi.
- Le Seigneur me retrouvera.
- Mais...
- Il aurait sût que je t'ai laissé la vie sauve, coupa le jeune homme. Et il m'aurait torturé avant de me tuer. De toute façon, je suis mort. » termina-t-il.
Hermione leva alors lentement sa baguette. Sa main tremblait comme jamais.
« Avada... »
Des bouteilles à l'amer, un effluve de toi. (1)
Elle s'arrêta. Une boule dans sa gorge l'empêchait de parler, elle ne pouvait pas. Elle ne voulait pas être une meurtrière, surtout pas de lui. Il venait de lui sauver sa vie...
« Vas y, Hermione. »
La jeune fille sanglotait, désespérée.
« Pardonne-moi, Drago, pardonne moi...
- Ne t'en fais pas, souffla-t-il. N'ai pas peur, s'il te plaît. Ce n'est pas ta faute, tu n'as pas le choix. »
Elle hocha la tête, lui lança un dernier regard, pleins de reconnaissance, puis ferma les yeux. Elle ne voulait pas le voir tomber. Il lui sourit. Une dernière fois.
« Avada Kedavra. »Le jet vert le frappa en plein dans le c½ur. Hermione fondit en larmes et se laissa tomber à tête, puis elle se souvint des conseils du jeune homme. Dans un état quasi-hystérique, elle brisa la fenêtre. Du sang se mit à couler de ses mains, mais à cet instant, la douleur n'avait plus d'importance. Il lui avait dit de sauter, elle sauta et transplana.
Il lui avait dit de croire en ses rêves. Mais elle avait tellement mal...
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Coment vous laver trouver ???